Changer de métier sans tout quitter : 5 étapes pour construire une reconversion progressive et sécurisée

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Vous avez envie de changer de métier, et vous vous sentez partagée entre deux élans.

D’un côté, l’envie de faire enfin quelque chose qui vous plaît vraiment. De retrouver du sens. De travailler dans un environnement plus respectueux de vos valeurs, de votre rythme, de votre personnalité.

Et de l’autre, des peurs très concrètes :

Et mon salaire ? Et si je me trompe ? Et si je dois reprendre des études ? Et si mon nouveau métier ne me plaît finalement pas ? Et comment faire avec ma famille, mon crédit, mes responsabilités ?

Ce tiraillement peut être particulièrement fort lorsque vous êtes une femme sensible ou hypersensible.

Parce que le décalage entre ce que vous vivez et ce qui compte profondément pour vous peut devenir très difficile à supporter. Mais aussi parce que le besoin de stabilité, de repères et de sécurité peut être tout aussi important.

Vous pouvez donc avoir profondément envie de changement… tout en étant terrifiée à l’idée de bouleverser votre vie.

Et lorsqu’on parle de reconversion, nous sommes encore beaucoup trop souvent confrontées à une représentation assez radicale du changement : il faudrait « oser », sortir de sa zone de confort, quitter son emploi, tourner la page et se lancer.

Comme si le courage se mesurait à la taille du risque que l’on accepte de prendre.

Dans cet article, j’aimerais justement vous proposer de regarder votre reconversion autrement : d’abord en sortant de cette opposition entre sécurité et changement, puis en construisant concrètement, en cinq étapes, une transition adaptée à votre propre situation.

 

Changer de métier ne signifie pas forcément tout quitter

 

Il existe une image très séduisante de la reconversion professionnelle.

Celle de la personne qui comprend soudain qu’elle n’est plus à sa place, pose sa démission, part se former et commence une nouvelle vie.

Parfois, une reconversion se passe effectivement ainsi.

Mais ce n’est ni la seule manière de changer, ni nécessairement celle qui vous conviendra le mieux.

Cette vision entretient même une croyance assez paralysante :

si je ne suis pas prête à tout quitter, c’est peut-être que je ne suis pas vraiment prête à changer.

Or, lorsque votre besoin de sécurité est important, le problème devient presque insoluble.

Vous sentez que votre vie professionnelle actuelle ne vous correspond plus suffisamment pour continuer comme avant.

Mais l’alternative que vous imaginez vous paraît trop risquée.

Alors vous restez.

Vous réfléchissez.

Vous reportez.

Et plusieurs années peuvent parfois passer ainsi.

La vraie question n’est pourtant pas forcément : « Suis-je capable de tout quitter ? »

Elle peut être beaucoup plus nuancée :

« Comment puis-je commencer à changer sans renier ce dont j’ai besoin pour me sentir suffisamment en sécurité ? »

Dans notre approche de la reconversion, nous ne considérons pas le besoin de sécurité comme un défaut qu’il faudrait éliminer. Une transition peut être progressive, testée, hybride, préparée financièrement ou menée en plusieurs étapes.

Cela ne veut pas dire qu’il soit possible de supprimer toute incertitude.

Changer implique toujours une part d’inconnu.

Mais entre ne rien changer et sauter dans le vide, il existe tout un espace dans lequel vous pouvez construire votre propre chemin.

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Étape 1 — Comprendre ce que vous voulez changer… et ce que vous voulez préserver

 

Avant de chercher votre futur métier, commencez par regarder votre situation actuelle avec davantage de précision.

Qu’est-ce qui ne vous convient plus ?

  • Le métier lui-même ?
  • L’environnement ?
  • Votre hiérarchie ?
  • Le manque de sens ?
  • Le rythme ?
  • Le niveau de responsabilité ?
  • La culture de votre entreprise ?
  • Le manque d’autonomie ?
 

Et à l’inverse, qu’aimeriez-vous absolument préserver ?

Votre niveau de revenus ? Votre localisation ? Vos horaires ? Votre autonomie ? Du télétravail ? Du temps pour vos enfants ? Certaines compétences que vous aimez utiliser ?

Cette distinction est essentielle.

Parce qu’une reconversion ne consiste pas forcément à jeter tout ce que vous avez construit pour repartir de zéro.

Vous pouvez parfois découvrir que vous avez besoin de changer d’environnement davantage que de profession. Ou que certaines dimensions de votre métier vous conviennent encore parfaitement.

Dans l’approche Mon Métier Me Ressemble, nous commençons donc par la personne : ses valeurs, ses besoins, ses talents, ses ressources, ses aspirations. Puis nous confrontons progressivement cette matière à la réalité des métiers, des formations, du marché et des conditions d’exercice.

 

Étape 2 — Imaginez plusieurs scénarios de transition plutôt qu’un seul grand saut

 

Une fois que vous savez mieux ce que vous voulez transformer et ce que vous souhaitez conserver, vous pouvez commencer à imaginer comment passer de l’un à l’autre.

Il existe de nombreuses possibilités :

  • faire évoluer votre poste avant d’envisager un départ ;
  • changer d’entreprise en conservant votre métier ;
  • vous former tout en restant salariée ;
  • passer à temps partiel lorsque c’est possible ;
  • démarrer progressivement une activité indépendante en parallèle ;
  • combiner plusieurs activités ;
  • préparer votre changement sur un ou deux ans plutôt que sur quelques semaines.
 

Les trajectoires de nos clientes illustrent très bien cette diversité.

 

Audrey : commencer par faire évoluer son poste

Audrey travaille depuis dix-huit ans dans le secteur associatif et de l’enfance. Lorsqu’elle réalise son bilan, elle est en perte de sens et de motivation.

Son projet se construit sur deux ans.

La première étape consiste à tenter une évolution de son poste actuel pour voir si certains ajustements peuvent lui permettre de retrouver du sens. Une reconversion vers l’accompagnement et le bien-être reste possible ensuite.

Elle le formule ainsi :

« Il n’y aura pas forcément de changement radical du jour au lendemain, mais plutôt une évolution progressive. »

Voir le portrait vidéo d’Audrey

 

Manon : concilier salariat et indépendance

Manon avait déjà quitté son emploi pour se consacrer entièrement à son activité indépendante.

Mais elle s’est rendu compte que l’irrégularité des revenus lui apportait beaucoup de stress.

Son projet n’est donc ni de renoncer à l’indépendance ni de revenir complètement au salariat. Elle envisage un emploi salarié à temps partiel, associé à plusieurs activités indépendantes qui lui permettent de préserver son autonomie et sa curiosité.

Découvrir les portraits des femmes accompagnées, dont celui de Manon

Deux personnes peuvent donc avoir le même désir de changement et construire deux transitions complètement différentes.

 

Étape 3 — Sécurisez votre transition financièrement… mais aussi énergétiquement

 

Il est difficile de parler de reconversion sécurisée sans parler d’argent.

Une formation peut coûter cher.

Une diminution du temps de travail peut réduire vos revenus.

Une création d’activité demande parfois plusieurs mois avant d’atteindre son rythme de croisière.

Cela ne signifie pas que vous devez disposer d’une somme précise avant de bouger.

Il n’existe aucun « bon » montant d’épargne valable pour tout le monde.

En revanche, vous pouvez commencer très tôt à réfléchir à quelques données simples :

  • quel revenu mensuel est réellement indispensable pour vous ;
  • quelles dépenses votre projet pourrait entraîner ;
  • quelle baisse temporaire de revenus vous pourriez absorber ;
  • quels financements ou droits pourraient éventuellement vous aider ;
  • quelle réserve vous permettrait de traverser quelques imprévus avec moins de pression.
 

Notre article consacré aux solutions pour financer une reconversion professionnelle peut vous aider à approfondir cette dimension.

Mais la sécurité n’est pas uniquement financière.

Votre énergie compte également.

Une reconversion peut cumuler travail actuel, recherches, formation, démarches administratives, vie familiale et incertitude.

Si vous arrivez déjà épuisée dans cette transition, ne transformez pas votre reconversion en deuxième emploi de trente heures par semaine.

Prévoir du repos, ralentir certaines étapes ou vous donner davantage de temps peut faire partie d’un plan parfaitement sérieux.

 

Christèle : préparer son installation plus d’un an à l’avance

Christèle a construit un projet de reconversion vers l’art-thérapie.

Elle a identifié deux formations complémentaires, prévu leur calendrier, commencé à réfléchir au développement de son réseau et à la préparation de sa future activité.

Son projet s’étale sur plus d’un an et elle explore parallèlement différentes solutions pour sécuriser financièrement sa transition avant son installation.

Découvrir les portraits des femmes accompagnées, dont celui de Christèle

La sécurisation commence donc bien avant le dernier jour dans votre emploi actuel.

Étape 4 — Confrontez votre futur métier à la réalité avant de vous engager davantage

 

Il y a une étape que je considère particulièrement importante : aller voir ce que le métier envisagé signifie réellement.

Parce qu’il est très facile d’idéaliser une profession.

Vous aimez l’idée d’aider les autres.

D’être libre.

De travailler dans la nature.

De devenir indépendante.

De créer.

Mais à quoi ressemble réellement une semaine dans ce métier ?

Quelles tâches occupent la majorité du temps ?

Quelles contraintes sont peu visibles depuis l’extérieur ?

Quel niveau de formation est nécessaire ?

Quelles sont les conditions d’emploi ou la réalité économique du secteur ?

Les enquêtes métiers font partie du Bilan de compétences CAP précisément pour confronter une piste au réel et identifier les compétences ou formations nécessaires.

Une vraie immersion n’est cependant pas toujours possible dans le temps limité d’un bilan de compétences.

C’est pourquoi cette exploration mérite parfois de continuer ensuite.

Vous pouvez rencontrer plusieurs professionnels, observer leur quotidien, participer à un événement, tester une activité lorsque cela est possible ou recourir à une immersion professionnelle si votre situation y ouvre droit.

L’objectif n’est pas d’obtenir une certitude absolue.

Il est de réduire l’écart entre le métier dont vous rêvez et le métier que vous aurez réellement à exercer.

 

Étape 5 — Préparez-vous au changement sans chercher à tout contrôler

 

Vous pouvez préparer sérieusement votre reconversion et découvrir malgré tout que tout ne se déroule pas comme prévu.

Une formation peut vous décevoir.

Une piste peut perdre de son intérêt lorsque vous la connaissez mieux.

Une opportunité inattendue peut apparaître.

Votre rythme peut changer.

Votre projet lui-même peut évoluer.

Ce n’est pas forcément le signe que vous vous êtes trompée.

Un projet professionnel s’affine lorsqu’il rencontre la réalité. Certaines hypothèses disparaissent, d’autres deviennent plus précises et des ajustements apparaissent.

Il peut donc être utile, en parallèle de votre plan d’action, de vous interroger sur votre propre rapport au changement.

Qu’est-ce qui me fait le plus peur ?

  • Perdre mon salaire ?
  • Mon statut ?
  • L’approbation de mes proches ?
  • Une identité professionnelle construite depuis vingt ans ?
  • Le fait de redevenir débutante ?
  • La possibilité de faire un mauvais choix ?
 

Certaines de ces peurs demanderont une réponse très concrète.

D’autres ne pourront probablement pas être supprimées avant d’avancer.

L’enjeu n’est alors plus d’attendre de ne plus avoir peur, mais de construire suffisamment de ressources autour de vous pour pouvoir traverser cette période de changement.

 

Une reconversion sécurisée n’est pas une reconversion sans risque

 

C’est probablement le point essentiel.

Sécuriser votre reconversion ne signifie pas rendre l’avenir parfaitement prévisible.

Cela signifie éviter de vous mettre inutilement en difficulté tout en acceptant qu’une nouvelle étape de vie comporte nécessairement une part de nouveauté.

Vous pouvez écouter votre besoin de sécurité sans lui demander de garantir que rien ne changera.

Et vous pouvez écouter votre désir de liberté sans lui demander de tout renverser immédiatement.

Entre les deux se trouve votre transition.

Une transition qui peut durer quelques mois ou plusieurs années.

Qui peut prendre la forme d’une formation, d’un temps partiel, d’une nouvelle entreprise, d’une activité parallèle ou de plusieurs ajustements successifs.

Et surtout, une transition qui doit ressembler à la femme qui va réellement la vivre.

 

Vous avez besoin d’un cadre pour construire votre propre transition ?

 

Certaines questions d’une reconversion sont très concrètes : métier, formation, marché, financement, calendrier.

D’autres touchent directement à vos besoins, vos peurs, votre rapport au changement et à ce que vous voulez réellement préserver.

C’est l’une des particularités du Bilan de compétences CAP : nos consultantes sont à la fois formées au bilan de compétences et au coaching selon la méthode CAP.

Leur rôle n’est pas de décider à votre place si vous devez partir.

Il est de vous aider à mieux comprendre ce qui vous correspond, confronter vos pistes à la réalité et construire votre feuille de route.

 

Pour aller plus loin

 

Vous pouvez également découvrir ma conférence offerte « Trouve ton métier idéal : 5 étapes + 1 ingrédient ».

Elle vous aidera à prendre du recul sur votre situation et à découvrir la méthode que je propose pour construire une vie professionnelle qui vous ressemble davantage.

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